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Vansoeterstede Aline

n° 157143



Mini Mémoire


Relations entre stratégies d’attachement dans l’enfance et comportements d’attachement dans le couple à l’âge adulte






MC 12 : Questions approfondies 2

Années Universitaire 2003/2004, 2ème Semestre

SOMMAIRE




I – Cadre Théorique



II – Méthode


1 – Hypothèses


2 – Mesure


3 – Sujet


4 – Passation



III – Résultats


1 – Analyse des Résultats


2 – Résultats Obtenus et Interprétation



IV – Discussion et conclusion



V – Bibliographie


I - Cadre théorique



L’attachement peut se définir succinctement comme un lien psychologique entre le bébé et la personne qui prend soin de lui (appelée figure d’attachement), généralement la mère. C’est John Bowlby (pédopsychiatre et psychanalyste, 1907-1990) qui a été le fondateur de la théorie de l’attachement à partir de 19581. Dans une perspective évolutionniste (influencée notamment par la théorie de Darwin et les théories éthologiques), il considère l’attachement comme un enjeu vital en ceci qu’il permet au bébé de s’attirer les soins et la protection de sa figure d’attachement contre les agressions extérieures. C’est un moyen de survie pour un bébé qui est incapable de se protéger seul et amené à être totalement dépendant d’autrui.


La théorie psychanalytique classique considérait que c’était l’alimentation puis la relation orale qui faisaient les prémices de la relation mère/enfant en entraînant une satisfaction physique puis émotionnelle. Selon cette théorie, le besoin d’attachement n’était donc que secondaire. Mais en travaillant sur les conséquences de la privation d’affection maternelle, Bowlby va se rendre compte des failles de la théorie psychanalytique en observant le peu de congruence de la théorie avec les observations cliniques. Il reproche également à la théorie de Mélanie Klein de ne s’intéresser qu’aux relations précoces de nourrissage et pas assez aux relations ultérieures de l’enfant avec ses parents.

Il va alors se rapprocher d’éthologistes tels que Lorrenz, Hinde ou Harlow et appliquer les principes éthologiques à la psychologie humaine en tentant d’unifier les concepts éthologiques et psychanalytiques. Pour Bowlby, le besoin social du nourrisson s’exprime avant l’expérience des soins. Le besoin d’attachement est inné (comme programmé génétiquement). L’attachement est un comportement d’abord social qui permet la survie du bébé. Le bébé prend du plaisir à être en contact avec sa mère, même si cela n’implique pas la satisfaction de besoins de l’organisme.


Dépendant, le bébé se voit obligé de tout faire pour préserver le lien avec sa figure d’attachement. Ainsi, il sourit à ses parents pour établir le contact et pleure pour les attirer quand il se sent en danger. Il va également ajuster son comportement en fonction de leurs réactions afin de favoriser au mieux la relation. Assez rapidement, il va se construire un certain modèle des relations avec ses parents qui lui permettra d’anticiper leurs réactions et d’adapter son comportement pour obtenir les résultats escomptés. A partir de ce modèle, le bébé met donc en place des stratégies d’attachement. Ces différentes stratégies ont été décrites par Mary Ainsworth en 1978.


Un enfant dont les parents viennent régulièrement quand il pleure va développer un système d’attachement dit « sécure ». En fait c’est son système d’attachement primaire (celui qui se met en place naturellement dès la naissance) qui, s’étant révélé efficace, est resté le même. Quand il se sent en danger il pleure pour attirer sa mère et s’apaise quand elle vient. Cette relation sécure lui permet d’explorer son environnement sans angoisse car il sait que sa mère veille sur lui.

Mais si cette stratégie d’attachement se révèle inefficace, le bébé va devoir en développer une autre afin de favoriser le lien avec ses parents. Cette nouvelle stratégie dépendra de leur comportement.

Lorsqu’une mère ne vient pas régulièrement voir son bébé quand il pleure (qu’elle est imprévisible), le bébé ne peut prévoir si elle viendra ou pas et même quand elle vient, il n’est pas sûr qu’elle restera. Il va « hyperactiver » son système d’attachement. Il aura tendance à beaucoup pleurer et à ne pas s’apaiser même en présence de sa mère. Ce type de bébé a du mal à explorer son environnement parce qu’il ne se sent pas en sécurité et va développer une colère envers le parent. C’est pour cela qu’on appelle ce type de bébé « anxieux/ambivalent ».

Si la mère a tendance à repousser son enfant, à le maintenir à distance, l’enfant sait que ses comportements d’attachement risquent de déclencher une réaction de rejet de la part de la mère, donc le résultat inverse de ce qu’il cherche à obtenir. Cette réaction provoquera en lui encore plus d’anxiété. Donc en cas de danger, l’enfant va inhiber son système d’attachement il va ignorer le parent, lui tourner le dos, se focaliser sur autre chose (jouets...), afin d’éviter l’anxiété provoquée par la non-réponse ou la réponse négative du parent. Pour échapper à la dépendance à autrui qui n’est pas satisfaisante, il va tenter de se suffire à lui-même. Ce type de bébé est appelé « anxieux/évitant » car il évite le contact avec le parent qui le rend trop anxieux.


On peut résumer ces trois grandes catégories en trois ‘couples’ de comportements de la mère et de l’enfant :

  • sensibilité de la mère, sécurité de l’enfant

  • rejet (ou intrusion) de la mère, évitement de l’enfant

  • inconstance de la mère, hypervigilance de l’enfant


En grandissant, l’enfant conserverait le modèle d’attachement qu’il a développé tout petit et tenterait d’intégrer ses nouvelles expériences de lien à ce modèle, même si elles ne cadrent pas tout à fait. Il se construirait alors une conception plus ou moins biaisée de la réalité car vue à travers le prisme de ses expériences passées. Dans le cas où l’individu aurait développé une organisation défensive rigide, son premier modèle ne pourrait plus s’adapter à la réalité et deviendrait inadapté à sa nouvelle situation.

Les premières relations d’attachement seraient donc primordiales pour le développement des habiletés sociales dans l’enfance mais également à l’âge adulte. Elles constituent le premier modèle de lien du sujet et de ce qu’il peut attendre d’une relation. Certains auteurs ont ainsi cherché à savoir si les patterns d’attachement de la petite enfance étaient stables tout au long de la vie.

Sroufe et son équipe (Schneider, 1991), ont montré, par exemple, que le type d’attachement des premières années de la vie pouvait prédire son développement social ultérieur.

Waters et al. (Van Ijzendoorn, Juffer et Dayvesteyn, 1995) ont également trouvé une corrélation significative entre les modèles d’attachement de sujets testés à un an et au début de l’âge adulte. 70% des sujets présentaient à l’âge adulte le même type d’attachement qu’à un an.


Dans cette hypothèse, nous devrions observer chez des sujets adultes des comportements d’attachement à l’égard des partenaires amoureux calqués sur les relations avec leurs parents durant l’enfance. Nous avons voulu savoir si les comportements d’attachement à l’âge adulte dépendaient des relations développées durant l’enfance ou si au contraire, l’adulte pouvait s’adapter à son partenaire. Et si les deux comportements sont mêlés, dans quelles proportions ?



1 BOWLBY, J. The nature of the child’s tie to his mother, Int. J. Psychoanal., 39, 1958, 350-373.

 

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